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La crise que nous connaissons n’est pas qu’un simple accident conjoncturel. Au delà d’une crise née d’un surendettement de ménages modestes et de la sophistication croissante des produits financiers à risque, cette crise agit comme un révélateur : elle est aussi la crise de l’excès du court-termisme, d’attentes déraisonnables de retours sur investissement, de modes de rémunération déconnectés de l’économie réelle, de carences surprenantes des autorités de contrôle.
Cette crise a vu les Etats, ayant bien tiré les leçons de la crise de 1929 jouer pleinement leur rôle d’assureur en dernier ressort.

Pour tirer toutes les leçons de cette crise, pour recréer les conditions d’une croissance durable et solidaire, il faut réintroduire de la confiance non seulement dans le système capitaliste - c’est l’enjeu de la régulation- mais aussi dans ses valeurs fondamentales. Le capitalisme doit être une formidable machine à créer des richesses- cela est peu contesté- mais également une organisation économique et sociale humaniste capable de créer et de redistribuer équitablement ces richesses, capable aussi de respecter les valeurs théoriques qui le fondent : la liberté et la responsabilité, la valorisation du risque pris par l’entrepreneur sans la mutualisation des erreurs.

Cette crise, comme toute crise, est facteur de changement. L’heure est venue de dessiner un « nouveau capitalisme », plus responsable, plus éthique. L’heure est venue d’esquisser un « nouveau monde » fait de solidarité et de multilatéralisme, accentuant et institutionnalisant la gouvernance coordonnée des économies que l’on a vu apparaître dans la gestion de la crise.

Ce colloque, organisé à la demande du président Nicolas Sarkozy et de l’ancien premier ministre Tony Blair, réunit des politiques, des économistes, des syndicalistes et des chefs d’entreprises.

Je lui souhaite un plein succès et j’espère que nous pourrons lui donner une suite l’année prochaine.

Eric BESSON